La perte d'un proche est un moment difficile. Pourtant, des démarches administratives et pratiques doivent être accomplies rapidement. Ce guide vous accompagne dans les premières heures et jours suivant un décès. L'essentiel est de savoir dans quel ordre agir, et de ne pas hésiter à vous faire aider.
Dans les 24 premières heures
Faire constater le décès
Un médecin doit établir un certificat de décès avant toute autre démarche. Si le décès survient à domicile, appelez le médecin traitant ou le 15 (SAMU) : un médecin se déplace pour constater le décès et rédiger le certificat. À l'hôpital ou en EHPAD, c'est le médecin de l'établissement qui s'en charge. Sur la voie publique, contactez le 15 ou le 17 (police) : un médecin sera dépêché. Ce document est indispensable pour tout le reste.
Déclarer le décès en mairie
La déclaration de décès doit être faite dans les 24 heures 1 à la mairie du lieu de décès. Elle peut être effectuée par un proche du défunt, par l'entreprise de pompes funèbres mandatée, ou par l'établissement de santé (hôpital, EHPAD).
Prévoyez le certificat de décès, une pièce d'identité du défunt et du déclarant si possible, et le livret de famille. La mairie délivre alors un acte de décès en plusieurs exemplaires : demandez-en suffisamment (au moins 10), vous en aurez besoin pour de nombreuses démarches dans les semaines qui suivent.
Contacter une entreprise de pompes funèbres
Le choix de l'opérateur funéraire vous appartient entièrement — voir notre guide sur les droits des familles. Le démarchage commercial est interdit 2. Vous pouvez comparer plusieurs opérateurs (demandez au moins 2 devis), consulter les devis-types en mairie 3, ou utiliser notre annuaire pour trouver des professionnels près de chez vous. Notre guide comment lire et comparer un devis vous aidera à y voir clair. L'opérateur prendra en charge l'organisation des obsèques et vous accompagnera dans les démarches.
Organiser les obsèques
Délai légal
L'inhumation ou la crémation doit avoir lieu au minimum 24 heures et au maximum 14 jours calendaires après le décès (4, modifiés par le décret n° 2024-7905). Un délai supplémentaire peut être accordé par le préfet dans certains cas : rapatriement, enquête judiciaire, ou contraintes locales particulières.
Choisir le type de cérémonie
C'est une décision importante. Notre guide inhumation ou crémation détaille les critères pour choisir. En bref : l'inhumation (enterrement) place le corps dans un cercueil en sépulture — caveau ou pleine terre. La crémation incinère le corps au crématorium ; les cendres sont ensuite placées dans une urne.
Prestations obligatoires et facultatives
Les pompes funèbres doivent distinguer clairement dans leur devis ce qui est imposé par la loi et ce qui relève du choix familial.
Les prestations obligatoires comprennent la fourniture d'un cercueil (avec 4 poignées, cuvette étanche, plaque d'identité), le transport du corps, et les opérations d'inhumation ou de crémation. Tout le reste est facultatif : soins de conservation, capiton intérieur du cercueil, chambre funéraire, cérémonie religieuse ou civile, plaques, ornements, fleurs, avis de décès dans la presse. Vous avez le droit de refuser toute prestation non obligatoire.
Dans les semaines suivantes
Démarches administratives prioritaires
Dans les jours qui suivent, plusieurs organismes doivent être informés. Commencez par l'employeur du défunt (dans les 48 heures), puis la banque pour faire bloquer les comptes personnels — le compte joint reste utilisable. Pensez aux assurances (vie, habitation, véhicule), à la caisse de retraite et à la Sécurité sociale, à la mutuelle, et éventuellement à la CAF ou à Pôle emploi si le défunt percevait des allocations. Le décès sera déclaré aux impôts lors de la prochaine déclaration de revenus. Si le défunt était locataire ou copropriétaire, prévenez le bailleur ou le syndic.
Succession
Contactez un notaire si le défunt possédait des biens immobiliers, avait rédigé un testament, ou si la succession s'annonce complexe. Le notaire établira l'acte de notoriété et organisera le partage des biens. Les héritiers disposent de 4 mois pour accepter ou refuser la succession (6 mois pour la déclaration fiscale).
Aide financière
Plusieurs dispositifs peuvent alléger le coût des obsèques — voir notre guide sur les aides financières. Le capital décès de la Sécurité sociale est versé aux ayants droit si le défunt était salarié ou chômeur indemnisé (montant forfaitaire de 3 977 € depuis le 1er avril 2025 — 6). Vérifiez aussi si le défunt avait souscrit une assurance obsèques, et renseignez-vous auprès de la commune : certaines prennent en charge les frais pour les personnes sans ressources.
Quelques conseils pour tenir le cap
Prenez le temps de comparer les devis avant de vous engager avec un opérateur funéraire. Gardez tous les justificatifs de dépenses liées aux obsèques : ils sont déductibles de la succession dans la limite de 1 500 € 7. Si vous vous sentez dépassé, faites-vous accompagner par un proche ou une association de consommateurs. Enfin, méfiez-vous du démarchage : aucun opérateur funéraire n'a le droit de vous solliciter 2. Si cela arrive, signalez-le sur Signal Conso8 ou à la DGCCRF9.